La formule est de François Hollande. Il l’a prononça mercredi soir lors d’une conférence , à laquelle j’assistais, et qu’il tenait avec Alain Rousset , à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux dans un amphithéatre comble où s’étaient retrouvés des élus locaux , des universitaires et des étudiants . La conférence concernait la réforme des collectivités territoriales.
Par cette formule , il indiqua qu’il fallait selon lui un Etat plus présent, pour fixer le cap, donner les grandes orientations, assurer la présence des services publics et garantir l’égalité entre les territoires. Mais aussi plus de décentralisation pour organiser au plus prés des citoyens le développement des territoires et assurer l’innovation dont ils ont besoin.
Aprés le saccage des années Sarkozy, avec un pouvoir qui n’a cessé de monter les français les uns contre les autres, d’attiser les peurs, de dénoncer les attributaires du RSA au moment même ou il allégeait l’ISF, il faudra « réconcilier » les français .
Lors de cette conférence , dont le thème était spécialisé sur les collectivités locales , à laquelle assistait aussi Jean-Yves Le Drian, le président de la région Bretagne, et mes collègues conseillers généraux du Lot et Garonne Joel Hocquelet et Régine Povéda, chacun avait évidemment en tête la perspective des prochaines élections présidentielles.
En écoutant François Hollande, j’ai eu le sentiment d’être face à un intellectuel brillant, ancien élève de l’ENA et d’HEC , s’exprimant avec humour, maitrisant son sujet , notamment sur les questions fiscales, déterminé, et dont il se dégage une image de simplicité. Ce qui est appréciable après les années que nous venons de vivre.
Face à la situation catastrophique dans laquelle se trouve notre pays, avec des déficits abyssaux, je ne voudrai pas que la prochaine campagne présidentielle ne soit qu’un concours de démagogie. La désillusion qui suivrait serait terrible. J’ai eu mercredi le sentiment qu’il refusait cette facilité, expliquant que des efforts seraient nécessaires , mais qu’ils devraient être justes et équitablement répartis.
Cela impliquera une réforme fiscale avec la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. En ce qui concerne les collectivités locales , il faut revenir sur la réforme actuelle qui recentralise et place les collectivités sous la dépendance des dotations octroyées par l’Etat. Chaque collectivité devra avoir une ressource fiscale identifiée, engageant la responsabilité des élus. Alors que la fiscalité locale est fondamentalement injuste , on pourrait imaginer que les collectivités perçoivent à la place une taxe additionnelle à un impôt sur le revenu lui-même modifié.
Il propose d’abroger la loi créant les conseillers territoriaux , en précisant la compétence de chaque collectivités et en donnant à chacune un rôle de chef de file dans des domaines spécifiques. Il s’est également dit opposé à la suppression de la clause de compétence générale. En ayant l’expérience d’élu local, comme président de Conseil général de la Corréze , il a démontré que c’était justement cette clause qui permettait aux territoires et aux collectivités de faire preuve d’innovation .
Répondant à une question sur ces modèles, il cita Clémenceau, dont il ne partage pas les idées, mais pour son courage et sa détermination, Mendes France, pour sa rigueur et ses principes, et Mitterrand pour avoir conduit la Gauche à la victoire.
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