Le 23 octobre , à Pujols, avec Alain Rousset et Pierre Camani, nous avons signé le Contrat de Pays de la Vallée du Lot. Cela permettra à 34 projets , représentant 23 millions d’euros d’investissement , de bénéficier du soutien de la Région et du Département.
En l’absence totale de participation financière de l’Etat, ce contrat marque l’engagement et le partenariat du Conseil régional et du Conseil général au service du développement local.
Alors que le Président de la République s’en prend aux collectivités locales, c’est au contraire en les réunissant pour agir dans le même sens que de nombreux projets locaux pourront être financés.
Je vous communique le discours que j’ai prononcé à l’occasion de la signature de ce Contrat de Pays.
« Monsieur le président du Conseil régional,
Monsieur le président du Conseil général,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes aujourd’hui réunis, à Pujols, pour la signature du contrat de Pays 2009-2012 entre le Pays de la Vallée du Lot , le Conseil régional et le Conseil général, qui inscrit désormais dans la politique contractuelle son action en faveur du développement local.
Le Pays de la vallée du Lot est le plus étendu et le plus peuplé du département. Il regroupe 9 communautés de communes et 109 000 habitants. C’est un espace de dialogue , d’échanges, pour fédérer un territoire, riche de son histoire et de ses talents, mais dont la majeure partie, a trop longtemps été laissée à l’écart de l’axe naturel de communication et de développement constitué par la vallée de la Garonne.
Le Pays de la vallée du Lot, structuré au sein du Syndicat Mixte d’Aménagement de la Vallée du Lot, a pour principale mission d’être l’interlocuteur du territoire auprès de la Région , du Département, de l’Etat et de l’Union Européenne, pour la mise en œuvre des politiques contractuelles. Il a également en charge l’animation d’un Pôle d’Excellence Rurale, ainsi que la gestion d’un programme européen LEADER qui a commencé à fonctionner cette année.
Le Pays est également engagé dans la définition d’un Contrat de Rivière pour le Lot qui devrait être signé avec l’Agence de l’Eau l’an prochain. Il a aussi un rôle en matière touristique, pour structurer l’organisation touristique et être l’interlocuteur privilégié de l’Entente de la Vallée du Lot, qui regroupe les 5 départements riverains.
Tous ces dispositifs vont dans le même sens , celui du développement local. Il s’agit d’outils supplémentaires et complémentaires pour soutenir les initiatives locales. Ce sont des opportunités qu’il nous appartient de saisir.
Notre développement ne viendra pas d’ailleurs . Il sera celui que nous construirons nous-mêmes, dans et pour ce territoire où nous vivons, où nous travaillons, où nos enfants grandissent.
Il y a également un domaine dans lequel le Pays est intervenu directement comme maitre d’ouvrage . Il s’agit de la mise en place d’un réseau haut débit Wimax pour lutter contre la fracture numérique. Je salue à cet égard le travail engagé par mon prédécesseur Jean-Pierre Lorenzon. Depuis l’an dernier , le Conseil général a pris le relai pour étendre en dehors du Pays de la vallée du Lot et de l’Albret , ce dispositif à l’ensemble du département.
Depuis ces derniers mois nous avons donc travaillé à l’élaboration du Contrat de Pays . Nous avons défini un schéma des services pour bien analyser les besoins du territoire dans ce domaine . Nous avons recencé les projets auprès des collectivités, des entreprises ou des associations .
Ces projets ont ensuite été étudiés par le Conseil en développement qui regroupe 70 personnes représentant le monde économique, associatif et culturel du Pays de la vallée du Lot. Je tiens à cet égard à les remercier pour leur participation et la qualité de leur implication dans l’analyse des projets qui leur ont été soumis.
Je dois vous avouer , Messieurs les présidents, que ce ne fut pas un exercice facile , surtout pour une question de calendrier . Les élections municipales ayant été reportées en mars 2008, à l’automne , beaucoup de projets municipaux ou communautaires n’étaient pas encore suffisamment élaborés.
Je forme donc le vœu , Monsieur le Président du Conseil régional, pour qu’après 2010 , nous puissions nous retrouver pour signer un avenant permettant d’intégrer certains projets qui auront alors eu le temps d’être plus aboutis.
C’est ainsi que sur 58 projets recencés, 34 projets ont été retenus. Ces 34 projets retenus représentent un investissement estimé à 23 millions d’euros.
Comme cela vous a été présenté , des projets identifiés dans le schéma des services à la population occupent une large place. C’est le cas par exemple d’un projet de micro-crêche dans la communauté des Bastides et Chateaux en Guyenne, d’une médiathèque intercommunale dans le Villeneuvois ou d’une autre à Cancon. De même figurent des projets concernant le développement économique ou la formation. Je pense par exemple au projet ARBRHE de la Maison de l’Emploi du Villeneuvois et du Fumélois, pour anticiper les besoins d’emploi des entreprises, ou au projet C2RT pour équiper un pôle de formation aux nouvelles technologies de l’informatique basé dans le Fumélois.
Le contrat de Pays ouvre également la possibilité d’investir de nouveaux champs non encore explorés comme la question de l’habitat ou la mise en valeur du patrimoine.
L’élaboration du contrat de Pays a aussi été l’occasion de mettre en évidence deux problématiques fortes du territoire : la présence médicale et l’insuffisance des lieux de baignade.
Alors que va s’engager à Villeneuve sur Lot la construction du futur Pôle de Santé, qui garantira la pérennité d’un hôpital et d’une clinique dans la vallée du Lot pour plusieurs décennies, il importe d’assurer une présence médicale sur l’ensemble du territoire. Dans 10 ans , la moitié des médecins auront cessé leur activité et le renouvellement ne se fait pas .
Trois projets de maisons médicales ont été identifiés , mais soumis à l’avis de la Commission Départementale de la Démographie Médicale, mis en place par le Conseil général pour définir en liaison étroite avec les professionnels de santé , dont le rôle est essentiel, les priorités pour assurer une présence médicale dans les différents secteurs du territoire et définir les modalités de son organisation .
Autre problème très clairement identifié : l’insuffisance des lieux de baignade. C’est un problème particulièrement sensible dans un département comme le notre qui à l’inverse de la Gironde ou des Landes n’a pas d’ accès au littoral, et où les baignades en rivière sont moins faciles qu’en Dordogne.
A Ste Livrade , la piscine est fermée depuis quelques années. A Villeneuve sur Lot , Fumel ou Aiguillon les piscines ont plus de 40 ans et arrivent en fin de course. A Penne , le site de Férié est également fermé. Les travaux de mise aux normes ou de construction de nouveaux équipements nécessitent des investissements très importants, qui ne peuvent plus être engagés au niveau communal , mais forcément au niveau intercommunal. Pour mémoire , la construction d’ un bassin de 500 m2 couvert pour permettre aux scolaires de suivre les cours de natations, revient à environ 10 millions d’euros.
Messieurs les présidents, j’attire donc votre attention sur cette question des piscines qui correspond à un vrai besoin d’équipement collectif de notre territoire, en souhaitant que cela amène nos collectivités à redéfinir leur régime d’aide à la construction ou la rénovation des piscines et lieux de baignade.
Avec la convention tourisme qui sera annexée au contrat de Pays , les projets touristiques constituent une part importante du dispositif contractuel. Nous avons retenu 14 projets concernant le tourisme pour un montant prévisionnel d’investissement de 7, 3 millions d’euros.
C’est ainsi que seront notamment aidés la création d’un camping à Malbentre par la CCV, la restructuration du musée de la préhistoire à Sauveterre la Lémance par la CCFL, l’aménagement de la voie verte en Villeneuvois, la valorisation du patrimoine par les nouvelles technologies par la Communauté de Penne, l’aménagement de pontons de pêche, d’aires de camping cars ou de Bonaguil , site majeur d’Aquitaine….
Le Pays de la vallée du Lot continuera par ailleurs sa politique d’aide et d’incitation à l’organisation des offices de tourisme en espérant arriver à la présence de 5 structures sur le territoire, comme cela est prévu dans le schéma de développement touristique du Lot et Garonne.
L’importance des projets touristiques n’est pas surprenante, d’abord parce que nous avons des sites exceptionnels, mais aussi parce que ce pays , jadis, fut construit non pas autour d’un bassin de vie, mais en fonction du projet de remise en navigation du Lot.
A cet égard , la navigation sur le Lot ne fonctionne pas, malgré les millions d’euros investis pour construire les écluses de Castelmoron et de Villeneuve . Le tronçon de navigation est trop court pour permettre de commercialiser une semaine de location de bateaux. Cela ne serait possible qu’avec la construction des écluses de St Vite et de Fumel-Montayral, ce qui permettrait de relier Aiguillon à Luzech.
Nous sommes donc dans la situation paradoxale ou des millions auraient été investit pour rien si la situation actuelle devait perdurer.
Le coût nécessaire à la construction des écluses de St Vite et de Fumel- Montayral est très important : 20 M€ . Chacun conviendra que cette somme ne peut pas être apportée par le seul département du Lot et Garonne, alors même que nous avons d’importants retards en matière d’infrastructures à rattraper. A ce jour des démarches ont été engagées par le Conseil général pour élaborer un plan de financement acceptable. Seule la Région a donné son accord pour participer à hauteur de 20 % , mais nous n’avons pas de réponse de l’Europe et de l’Etat .
L’Etat a été sollicité en vain par l’intermédiaire de l’Entente de la Vallée du Lot, puis encore en vain dans la cadre du plan de relance. Il y a quelques jours , le président Camani a écrit au ministre de l’Aménagement du Territoire à ce sujet.
Nous disposons des études d’avant projet sommaire. Pour éviter de perdre du temps, et en accord avec le président Camani , nous engagerons lors du prochain budget du Conseil général, les crédits nécessaires aux études de maîtrise d’œuvre. Nous ne pouvons pas engager les études liées à la loi sur l’eau qui ne peuvent se faire que dans un délai très court par rapport au démarrage du chantier.
Ce Pays de la Vallée du Lot , qui est riche de sa diversité , riche de son patrimoine, doit affirmer son identité. Je suis convaincu que cette « image vallée du Lot » est positive et attractive pour bien des gens qui ont encore bien du mal à localiser notre département , aux marches de l’Aquitaine et aux portes de Midi-Pyrénées.
Nous avons encore de gros efforts à faire pour rattraper nos retards en matière d’infrastructures pour pouvoir rejoindre plus facilement les grands axes de communication.
A cet égard, Monsieur le Président du Conseil régional , je salue votre décision d’inscrire dans le SRIT , la réouverture de la liaison ferroviaire entre Villeneuve et Penne , qui permettra en fait de relier la deuxième agglomération du département et plus largement son bassin de vie au réseau ferré national et confortera aussi la desserte ferroviaire du Fumélois. Cela au moment ou la LGV va desservir le Lot et Garonne et mettre Agen à 2 h 50 de Paris et 30 minutes de Bordeaux ou de Toulouse.
Pour conclure , je voudrai remercier les membres du conseil de développement pour leur participation et leur implication , les agents du Pays de la Vallée du Lot pour leur travail ,leur dévouement et leur compétence , mais aussi les élus du Pays de la Vallée du Lot , au nom desquels je viens de m’exprimer, pour avoir voté à l’unanimité le projet de contrat de Pays . Cela démontre la volonté de tous les élus de voir mener à bien les projets inscrits dans ce contrat , et d’œuvrer ensemble, dans le respect et le dialogue , pour le développement de notre territoire. »
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