Le 19 mai , j’ai représenté le Conseil général à l’Assemblée générale de la Fédération Régionale des Travaux Publics d’Aquitaine qui se réunissait en Lot et Garonne. Ce fut l’occasion de souligner l’importance de ce secteur d’activité dans l’économie locale et de rappeler le rôle moteur du Conseil général dont le budget d’investissement s’élève en 2009 à 109 millions d’euros.
Ce fut aussi le moment de rappeler le choix stratégique fait par le Conseil général au moment du vote de budget de ne pas sacrifier l’investissement dans les infrastructures pour soutenir l’activité économique et commencer à rattraper nos retards dans ce domaine.
Je vous communique la teneur de mon intervention.
« Monsieur le Préfet,
Monsieur le Président de la Fédération des travaux publics de la Région Aquitaine,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens tout d’abord à vous faire part des excuses du président Camani , retenu aujourd’hui à Paris par un entretien avec Mme Lagarde, Ministre de l’Economie et de Finances, pour évoquer la situation inquiétante du bassin Fumélois. Comme président de la commission des Instrastructures , je le représente donc auprés de vous .
C’est l’occasion de manifester l’intérêt du Conseil général envers les travaux de votre assemblée générale, et au-delà envers votre secteur d’activité qui tient une place primordiale dans l’économie régionale.
Je salue les représentants de votre fédération qui constituent des acteurs clefs de la vie économique régionale : forts de 450 entreprises, vous employez 15 000 salariés et réalisez près de 2 milliards d’euros de chiffres d’affaires.
Nous le constatons tous les jours hélas, la crise économique est bien là, les mauvaises nouvelles sur le front de l’emploi s’accumulent semaine après semaine. En Lot-et-Garonne, le nombre des demandeurs d’emploi ne cesse d’augmenter (+19,7% en un an), alors que dans le même temps, les offres d’emploi s’effondrent. La dégradation de notre tissu économique est donc bien réelle.
Notre département est dans une situation économique délicate. En effet, la moindre réduction d’activité a des incidences très préoccupantes qui concernent directement le Conseil général au titre de ses compétences sociales. Les collectivités locales dans leur ensemble et le Conseil général en particulier ne sont pas épargnées par la tourmente. Pour notre département, pour les seuls droits de mutation, c’est près de 8 millions d’euros de manque à gagner que nous avons constaté à la fin de l’année 2008.
Si la crise économique a conduit de nombreuses collectivités territoriales à choisir pour 2009 l’attentisme ou la résignation, le Conseil général de Lot-et-Garonne a choisi de maintenir le cap de la mobilisation en faveur de l’investissement. Notre Assemblée a ainsi décidé, lors du vote du budget primitif, d’augmenter nos investissements pour soutenir le tissu économique départemental et rattraper nos retards en matière d’infrastructures. Le budget d’investissement du Conseil général est maintenu à un très haut niveau avec 109 millions d’euros, dont près de 53 millions d’euros sont réservés aux routes, aux voies vertes et aux voies d’eau et 7,5 millions d’euros pour l’entretien et la rénovation des collèges dont nous avons la charge.
Le maintien d’un investissement élevé a pour objectif de soutenir l’emploi, d’assurer des chantiers aux entreprises pour les années à venir et d’augmenter l’attractivité de notre territoire.
Le Département confirme ainsi sa place de premier donneur d’ordres en matière de travaux routiers. L’entretien des 3 000 km de routes départementales représente une surface de chaussées de plus de 2 500 000 m². Nous avons notamment consacré une enveloppe de 3 millions d’euros à la modernisation et la sécurisation du réseau routier départemental pour traiter différents points singuliers ou accidentogènes dans le département. Par sa politique volontariste et ambitieuse dans ce domaine, le Conseil général contribue au maintien de plusieurs centaines d’emplois dans le secteur privé.
Au titre des principales actions en cours je mentionnerai les chantiers des déviations des trois principales agglomérations du département. Dans le même ordre d’idée, j’ajouterai les travaux de reconstruction du pont de Saint-Nicolas de la Balerme, estimés à 3,1 millions d’euros.
A cela, il faut ajouter le soutien du Conseil général à l’assainissement, à l’eau potable et à l’extension des réseaux qui mobilise chaque année 2 millions d’euros. Les nouvelles priorités de nos régimes d’aides prennent davantage en considération les enjeux environnementaux et sanitaires des entités urbaines, tout en maintenant nos aides aux communes rurales.
Le Département a également fait le choix de favoriser l’investissement local en soutenant à un niveau élevé les projets communaux et intercommunaux. Les aides du Conseil général aux différentes opérations d’investissement ont été augmentées de 20% par rapport aux années précédentes, ce qui devrait profiter en priorité à l’artisanat, aux entreprises locales et donc à l’emploi de proximité.
Nous ne réglerons pas tout de cette manière, cela me semble une évidence. Nous espérons toutefois de ce « plan anti-crise » une accélération du développement et des projets, du travail pour les entreprises, de l’emploi et du mieux être pour les Lot-et-Garonnais.
C’est aussi pour le Conseil général un message fort d’encouragement, d’espérance et de solidarité adressé à la fois à nos concitoyens, au monde économique et aux responsables des entreprises que vous représentez aujourd’hui.
Le Département ne peut agir seul. Le rôle de l’Etat est ici primordial, c’est notamment le cas avec le dispositif du remboursement anticipé de la TVA aux collectivités locales. Le principe de base du dispositif est simple : rembourser plus tôt la TVA sur les investissements de 2008 et 2007, en échange d’un effort d’investissement supplémentaire des collectivités locales en 2009. Même si toutes les collectivités ne pourront pas en bénéficier , nous avons intégré cette donnée dans notre programme d’investissement.
En matière d’investissements lourds et structurants pour notre département pour les années à venir, le Conseil général a également pris ses responsabilités.
Je pense en particulier à deux grands projets, qui ne relèvent pourtant pas de la compétence du département, mais qui sont importants pour son équipement et son développement.
Il s’agit du projet de Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, pour lequel le Conseil général a donné son accord pour contribuer au financement à hauteur de 90 M€, même s’il s’agit d’un projet national et même européen, et de l’accord de principe que nous avons donné pour participer à hauteur de 40 % du coût de la mise en deux fois deux voies de la Route Nationale 21 entre Saint-Antoine et Foulayronnes, ce qui représente environ 30 M€.
Le département a pris ses responsabilités, il appartient maintenant à l’Etat de prendre les décisions.
C’est ensemble, et malgré des charges de plus en plus lourdes, que nous pourrons apporter des réponses concrètes à nos concitoyens, que nous trouverons des raisons d’espérer, ensemble que nous nous tournerons vers l’avenir avec pragmatisme et détermination.
Je suis convaincu que le Lot-et-Garonne ne pourra sortir de la crise qu’uni et rassemblé autour d’objectifs de développement, avec des infrastructures et des équipements répondant à ses légitimes ambitions .
Je vous remercie de votre attention. »